Chez Corneille
L’histoire continue
Certaines maisons traversent le temps. D’autres le racontent.
Le nom pourrait être trompeur.
Lorsqu’on évoque « Chez Corneille », certains pensent au célèbre dramaturge, imaginent déjà les vers du Cid et les grandes tirades du théâtre français. Pourtant, le Corneille dont il est question ici n’a jamais écrit de vers. Il maniait le sucre plutôt que les mots.
Monsieur Corneille était pâtissier à Maîche, une figure locale dont les créations ont marqué plusieurs générations d’habitants. À sa manière, lui aussi composait des œuvres délicates et soigneusement travaillées. Il partageait alors la demeure avec un médecin, qui y avait installé son cabinet tout en y résidant. L’un soignait les corps, l’autre réchauffait les cœurs. Ensemble, ils ont fait de cet endroit bien plus qu’une simple adresse.
Bien qu’à quelques pas du centre-ville, la demeure s’est toujours tenue à l’écart du tumulte, protégée par son parc arboré où mirabelliers et pommiers rythment les saisons.
Mais l’histoire avait commencé bien avant eux.
Construite aux alentours de 1900, cette élégante maison de maître accueillait alors les religieuses rattachées au séminaire voisin. De cette époque subsistent des détails singuliers, presque secrets. Les fenêtres en demi-lune n’étaient pas un simple choix architectural : elles offraient aux occupantes une vue directe sur le clocher de l’église, lien discret avec le séminaire, auquel la propriété était aussi reliée par un passage traversant le parc. Les habitants de Maîche avaient donné un nom à cet accès : la Porte Bleue. Une simple porte, devenue au fil des années un fragment de mémoire locale.
Le temps a poursuivi son œuvre et la demeure a été divisée en plusieurs appartements. Mais l’essentiel a été préservé. La rénovation, menée avec soin, a respecté l’âme du lieu : les parquets de chêne, longtemps dissimulés sous une moquette, ont retrouvé leur éclat. Cheminées, moulures en plâtre et pierres apparentes témoignent encore de son caractère.
La première page de cette histoire s’est refermée : le premier appartement de Chez Corneille a trouvé ses nouveaux propriétaires.
Aujourd’hui, un deuxième appartement ouvre à son tour ses portes, avec sa propre lumière, son propre rythme : un nouveau chapitre à écrire dans une histoire qui ne demande qu’à continuer.
La lumière y entre par une grande fenêtre en demi-lune et éclaire un séjour ouvert sur une cuisine équipée. À l’étage, la charpente apparente et les plafonds en bois clair créent une atmosphère chaleureuse : une suite parentale avec salle de bain à double vasque, un vaste dressing, une seconde chambre, un bureau et une salle d’eau.
Et au-dessus, une page encore blanche : un grenier de 45 m² au sol aménageable. Suite supplémentaire, atelier, bibliothèque… C’est la seule partie de la maison dont l’histoire n’a pas encore été écrite. Elle vous attend.
Un troisième et dernier appartement viendra bientôt compléter la trilogie.
Chez Corneille, les murs gardent la mémoire.
À vous d’y écrire la suite.